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Dimanche 16 Avril 2006

L’archéologie du

        savoir

 

(2ème partie)

 

 

 

 

Pour les savants médiévaux qui écrivaient en arabe, les Grecs représentaient l'autorité suprême: Euclide, Archimède et Apollonios de Pergé pour les mathématiques; Ptolémée pour l'astronomie; Gallien et Hippocrate pour la médecine. Cela ne signifie pas que les savants de l'islam médiéval furent de simples suiveurs. La civilisation islamique produisit un bon nombre de savants originaux - souvent d'origine iranienne - indépendants et doués d'un grand esprit critique, tels que al-Razi, al-Massoudi, al-Birouni et Alhazen. Mais leurs innovations dans les domaines de l'observation astronomique, de l'expérience médicale clinique et même de l'optique - science à laquelle Alhazen imprima un tournant décisif - ont été introduites dans le cadre général d'anciennes disciplines grecques ou d'après des modèles grecs; les critiques ont également été formulées selon les termes forgés par les fondateurs grecs.  

 

La science arabe n'a pas engendré de révolution scientifique comparable à celle que connut l'Europe aux XVI e et XVII e siècles. Mais l'idée selon laquelle la contribution islamique se serait bornée à préserver puis à transmettre l'héritage scientifique de l'Antiquité à l'Europe n'est que très partiellement exacte. A côté de ce passage de relais, pour un héritage qu'ils avaient maintenu vivant par leur enthousiasme et par leur participation active, les savants arabes ont également apporté des résultats substantiels entièrement de leur cru.  

 

Position dans le monde islamique
Le rôle de la science arabe dans la civilisation islamique n'est pas aisé à définir. On ne saurait maintenir que «les sciences rationnelles des Anciens» - par opposition aux «sciences islamiques» de l'exégèse coranique, des traditions, de la jurisprudence, etc. - ne sont jamais devenues parties intégrantes de la civilisation islamique: les sciences rationnelles ont vigoureusement prospéré en islam pendant presque quatre siècles. Bien qu'elles n'aient jamais fait partie des cursus officiels de l'éducation officielle, nous savons qu'elles étaient résolument encouragées - et pas simplement tolérées - par les souverains musulmans, qu'ils fussent sunnites ou chiites.  

 

Le problème du degré de pénétration des idées dérivées de la science et de la philosophie grecques dans les différentes classes et catégories de la société islamique ne saurait avoir de réponse uniforme pour toutes les périodes de son histoire. L'élite cultivée de Bagdad, au X e siècle, par exemple, avait une bonne connaissance de la philosophie grecque; elle utilisait les méthodes grecques d'argumentation. Certains de ceux qui faisaient leurs humanités en grammaire et en rhétorique étaient marqués, dans leurs recherches, par leur dépendance vis-à-vis de la logique aristotélicienne. La théologie islamique adopta la dialectique et la terminologie grecques dès son origine ou presque. Même le théologien orthodoxe al-Ghazali, qui soupçonnait que les sciences astronomiques et mathématiques avaient une influence pernicieuse, épargnait la logique grecque dans ses attaques, car il la considérait comme une étude propédeutique essentielle pour maîtriser la jurisprudence et le droit canon islamiques. Avant comme après le temps d'al-Ghazali, l'astronomie fut même proclamée au service de l'islam - parfois par des fonctionnaires chargés du calendrier musulman, dans les grandes mosquées - parce qu'elle fournissait la preuve de l'unicité de Dieu (article fondamental de la religion musulmane), de sa perfection et de sa sagesse.  

 

Des tentatives furent conduites pour concilier la philosophie rationnelle - dont les mathématiques et l'astronomie faisaient partie - et la religion islamique. Parmi les plus notables de ces tentatives, spécialement influentes dans les cercles chiites, il convient de mentionner les Epîtres des frères de pureté (ou «de Sincérité»), composées au X e siècle. Bien que ces tentatives aient généralement échoué, il serait erroné de conclure de cet échec à une condamnation des modes helléniques de pensée. A l'instar du philosophe Abou Ya'qoub Ishaq ibn Ahmad al-Sidjzi, dit Al-Sedjestani (X e siècle), certains de ceux qui n'avaient aucun intérêt pour ces conciliations étaient des amis sincères de la science hellénique tout autant que des musulmans convaincus et pratiquants. Au cours de la période finale de stagnation, seules les notions élémentaires d'astronomie et d'arithmétique restèrent enseignées pour des usages religieux limités: traitement des problèmes d'héritage, établissement du calendrier musulman, détermination de la direction de La Mecque.  

 

      A suivre…..

 

       Voyageur

 

 

publié par voyageur31 dans: www.voyageur
Vendredi 14 Avril 2006


Au commencement, la traduction…

 (1ère partie)

 

 

 

 

 

La grande période de la science arabe se situe au Moyen Age, entre la fondation de Bagdad en 762 et la fin du XIV e  siècle. Elle naît au milieu du VIII e  siècle sous les Abbassides, qui, avec les arts, en favorisent le développement. Astronomes, mathématiciens, médecins et philosophes vivent souvent dans les cours princières, et toute entreprise culturelle ou scientifique bénéficie des subsides du pouvoir: le mécénat sera le mode de fonctionnement institutionnel de la science arabe médiévale. Science qui, au demeurant, est loin d'être exclusivement le fait d'Arabes proprement dits: certains savants sont, suivant les époques et les zones d'influence, turcs, kurdes, persans, andalous, etc. De même, elle n'est pas non plus exclusivement islamique: si la majorité de ces savants étaient musulmans, cependant certains étaient juifs ou chrétiens. En définitive, c'est d'abord la langue qui unifie tout le monde arabe médiéval, de l'Atlantique à l'Iran.

Position dans l'histoire des sciences
Jusqu'au IX e  siècle, les savants arabes vont se contenter, comme les moines européens, de traduire les textes des Anciens. Ils traduisent les œuvres majeures de la science grecque, les assimilent, mais les enrichissent assez peu, exception faite d'apports assez notables en mathématiques et en astronomie, lesquels sont cependant redevables à la traduction de certains textes indiens.  

 

 

Après le temps des grandes traductions arrive, au IX e siècle, celui d'une science proprement arabe représentée par al-Kharezmi, mathématicien et astronome, et al-Kindi, philosophe et géomètre. D'abord limitée à la Mésopotamie, elle s'étend progressivement, à partir du Xe siècle, au pourtour méridional du Bassin méditerranéen et en Espagne. A partir du XIe siècle, et jusqu'au XIVe siècle, une activité scientifique notable se développe dans des villes comme Bagdad, Le Caire et Kairouan ou, pour l'Espagne, Cordoue, Séville et Tolède. En Espagne, peu à peu reconquise par les chrétiens, de nombreux contacts vont se nouer entre la culture arabe et la culture chrétienne.  

 

 

Une bonne partie de ce que les savants avaient acquis de la science et de la philosophie grecque, et une partie non moins importante de ce qu'ils bâtirent à partir de cet héritage, ont été transmises à l'Europe, au XII e siècle, par des traductions faites en latin à partir de l'arabe. La science arabe assura ainsi le relais et la «continuité» de la science occidentale, au début comme à la fin de la période médiévale. Les noms de Djaber ibn Hayyan (chimie et alchimie), Mohammad ibn Moussa al-Khowarezmi (algèbre), Fakhr al-Din al-Razi dit Rhazès (médecine), Abou 'Abd Allah Mohammad ben Djaber ben Sinan al-Battani (astronomie), Avicenne (physique et médecine), al-Zarqali (astronomie et géographie) et Ibn al-Hattham dit «Alhazen» (optique et mathématiques) s'intègrent à la tradition intellectuelle occidentale tout autant qu'à la culture arabo-iranienne. Leurs œuvres ont joui d'un grand prestige en Europe, jusqu'à la fin du XVIIe siècle.

 

 


L'influence grecque et indienne
Pour l'essentiel, la science arabe est toujours restée grecque de caractère. Mais la science hellénistique, parente directe de la science arabe, avait incorporé des éléments orientaux. Plusieurs de ces éléments ont trouvé leur place directement dans la science arabe, comme le zéro et son utilisation dans le calcul, les chiffres dits «arabes» et certaines techniques trigonométriques et astronomiques - tous éléments venant de l'Inde. Cet enrichissement mutuel des idées grecques et indiennes explique les progrès importants accomplis dans les domaines de l'arithmétique, de l'algèbre et de l'astronomie, mais aussi certains résultats obtenus par les Arabes et qui n'ont pas leur origine dans la science antique des Grecs.  

 

 

                A suivre…..

               Voyageur

 

 



 

publié par voyageur31 dans: www.voyageur
Mercredi 29 Mars 2006

 

 

 

Le fondateur de la sociologie politique

 

 

 

Originaire du Yémen, la famille d’Ibn Khaldoun immigre d’abord à Séville où elle occupe d’importantes fonctions politiques. Après la chute de Séville (1248), obligée de s’exiler, elle s’établit à Tunis auprès des princes Hafsides qui lui confient de hautes responsabilités. C’est dans cette ville, le 27 mai 1332, qu’Ibn Khaldoun voit le jour.

 

Il fut à la fois homme politique, sociologue et historien. Après avoir mené une vie diplomatique mouvementée au service de différents souverains, il décide d’effectuer un retrait et commence à rédiger plusieurs ouvrages, fruits de ses recherches et lectures tout autant que de son expérience personnelle, dont l’oeuvre principale est la Muqaddima (Prolégomènes). C’est en 1406, le 17 mars, qu’il meurt au Caire.

 

Une pensée qui nous parle...

 

 

La pensée d’Ibn Khaldoun, après avoir été longtemps oubliée, réapparaît au 18ème siècle dans les milieux intellectuels turcs préoccupés par le déclin de l’Empire ottoman. Au début du 19ème siècle, à la suite de l’expédition en Egypte de Bonaparte, c’est autour de l’Europe, en pleine ascension, de découvrir ce penseur du 14ème siècle.

 

Six siècles après, sa pensée nous parle plus que jamais. Tout d’abord, par rapport à sa modernité scientifique. En effet, Ibn Khaldoun 1) conçoit l’histoire en tant que science ; 2) développe des concepts tels « l’umran » et « l’asabiya » qui semblent provenir non pas du 14ème siècle mais de la sociologie moderne, fondée au 19ème siècle ; 3) pense l’histoire des civilisations et les causes de leurs grandeurs et décadences. « Ibn Khaldoun (...) a été l’un des premiers théoriciens de l’histoire des civilisations » et il a également « conçu et formulé une philosophie de l’Histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays[

Elle nous parle également, car elle rappelle à quel point la présence massive des Musulman-e-s en Europe de l’Ouest[ -depuis la chute de Grenade (Espagne 1492)- découle de cette période « précoloniale », que la pensée d’Ibn Khaldoun a finement analysée.

 

Aussi, au moment où les citoyen-ne-s de confession musulmane s’interrogent avec force sur la manière de retrouver (ou de se réapproprier) une place dans l’histoire, sans pour autant perdre les fondements de leur identité, l’oeuvre d’Ibn Khaldoun est probablement incontournable. Elle incarne l’idée qu’il est possible d’être tout à la fois un penseur libre, acteur de son histoire, et cela en restant fidèle aux fondements de son identité. Ibn Khaldoun était musulman (il fut aussi Grand Cadi Malékite d’Égypte) et cette qualité ne l’a point empêchée d’analyser à la fois scientifiquement et librement ses sociétés contemporaines.

 

Muqaddima : « l’umran » et « l’asabiya »

 

 

La Muqaddima, oeuvre principale d’Ibn Khaldoun, retrace l’histoire de la civilisation nord-africaine du 14ème siècle et témoigne de sa complexité, sur le plan des techniques, du savoir ou des formes de gouvernement. De son analyse émergent deux concepts fondamentaux : l’umran et l’asabiya.

 

L’umran désigne les phénomènes humains, la civilisation, la société, tout ce qui caractérise les organisations humaines dans les aspects de leur vie matérielle :

 

« la vie sauvage, l’adoucissement des moeurs...les divers genres de supériorité que les peuples obtiennent sur les autres...les occupations auxquelles les hommes consacrent leurs travaux et leurs efforts

Mais l’umran est également désigné à travers ses aspects sociaux, culturels et spirituels :

 

« La religion, la cité, le domicile, la puissance, l’abaissement et l’accroissement de la population, sa diminution, les sciences et les arts (...) Enfin, tout ce que la nature des choses peut opérer dans le caractère de la société ] ».

 

L’umran peut être urbain (umran hadari) ou rural (umran badawi). La majorité de la population vit cependant dans l’umran badawi, dont l’umran hadari n’est qu’un prolongement. Il semble en quelque sorte y avoir une interprétation évolutionniste et hiérarchique de ces deux modes de vie :

 

« La civilisation de l’umran hadari marque le plus haut degré du progrès auquel un peuple peut atteindre : c’est le point culminant de l’existence de ce peuple et le signe qui en annonce la décadence. L’umran hadari, état auquel aboutit l’umran badawi, la royauté, le peuple et tout ce qui marque dans la société humaine ont un temps limité pour exister, à l’instar de chaque individu d’entre les êtres créés[ ».

 

L’asabiya, souvent traduit par « esprit de corps », est cette « force motrice » qui permet à un groupe humain organisé de se reproduire. Le concept est forgé dans l’histoire des Etats d’Afrique du Nord du Moyen-Age et ne vaut que pour eux. C’est bien ce principe qui accompagne chez Ibn Khaldoun le mouvement des sociétés nord-africaines de cette époque (le passage des campagnes à des cités organisées et riches) et leur reproduction (succession de période d’ascension-déclin) sur le temps long.

 

 

Une analyse « précoloniale »

 

 

L’analyse d’Ibn Khaldoun sur les causes du déclin des sociétés d’Afrique du Nord, fournit un éclairage historique unique sur la période précédant la colonisation européenne. Mettre en lumière cette phase de l’histoire permet de mieux se situer dans le temps, avec plus de précision, en ayant à l’esprit qu’il y a tout d’abord eu « déclin », avant qu’il y ait « colonisation » et puis « émigration ».

 

Ainsi, à côté des nombreuses analyses traitant des questions « coloniale » et « postcoloniale », dont l’objet d’étude reste le « colonisateur » ou « l’ex-colonisateur », ne serait-il pas aussi pertinent d’analyser, à partir de l’oeuvre d’Ibn Khaldoun, la période « précoloniale » ? Une analyse où l’objet d’étude serait cette fois-ci non plus le dominant, mais le « dominé ». Celle-ci permettrait de mettre en lumière les causes, non pas externes, mais internes à l’origine de la domination des sociétés nord-africaines. Dans cette approche (replaçant le dominé au centre de l’histoire) ce n’est plus le dominant qui est la cause première de la domination, mais le dominé lui-même, défini comme sujet de l’histoire. Il s’agit là d’un renversement nécessaire dans la compréhension du phénomène.

 

La colonisation n’est évidemment pas un phénomène tombé du ciel ; les sociétés nord-africaines ont été colonisées parce qu’elles étaient colonisables [Malik Bennabi]. Cette « prédisposition » à être colonisée, ou dominée, chez Ibn Khaldoun, ne s’inscrit pas dans une vision essentialiste, mais fondamentalement dans une dynamique historique. L’analyse d’Ibn Khaldoun place en effet la problématique du dominé dans le mouvement de l’Histoire (succession de période d’ascension-déclin), et non pas dans des catégories immuables « black », « blanc », « beur », conceptualisées par la pensée coloniale pour légitimer la domination.

 

 

 

publié par voyageur31 dans: www.voyageur
Mardi 21 Février 2006

 Le messager des étoiles

 

 

Il aurait pu être musicien…ce qui n’est pas mal en Italie. Médecin s’il avait par amour parental obéis  au vœu de son géniteur. Mais sa passion c’étaient les mathématiques. Il quitte l’université de Pise sans avoir eu à passer par les épreuves du serment d’Hippocrate. Mais Galiléo qui a vu le jour à  Pise en 1564  a déjà un protecteur qui veille sur lui. En ce moment cet ange gardien a pour nom Guidobaldo Del Monte. Un ami de la famille .Il va lui ouvrir une voie en lui offrant la chaire de mathématiques à l’université de Padoue.

 

 

Là entre autres passe temps (il invente notamment une pompe a eau ) il noue une relation épistolaire avec un certain Kepler qui lui parle de Copernic , mais Galileo n’accorde que peu d’importance aux idée de ce dernier qui battent ,pourtant, en brèche les « vérités »de Ptolémée.

 

 

C’est vrai qu’il était dangereux de dire que la terre n’est pas le centre de l’univers et que cette petite balle bleue tourne aussi autour de plus majestueux qu’elle !

 

 

En 1600 est brûlé sur le bûcher Giordano Bruno pour l’avoir affirmé. L’église drapée sous les oripeaux de l’inquisition tenait d’une main ferme tout le système solaire.

 

 

Galilé a besoin d’argent pour mener ses nombreuses  expériences .Il met au point alors une lunette qui grossit 6 puis 9 fois l’objet observé. Les applications militaires n’échappent pas  aux puissances « locales » vénitiennes, florentines. Etc.

 

 

Mais il était écrit que Galié sera moins fonctionnaire aux ordres que savant tête dans les étoiles certes,  prudent face a la puissance de l’église. .Sa lunette il aura le trait de génie de la pointer sur les étoiles et là, Jupiter qu’il fixe de sa lunette lui révèle quatre étoiles qui tournent autour d’elle !

 

 

Mais que peut faire un savant contre la puissance de l’église ? La terre se trouve au centre de neuf sphères concentriques qui portent les étoiles et les planètes… ainsi ont en décidé Aristote, Ptolémée et l’église

 

 

En 1616 l’église est au faite de sa puissance et Galilée qui voyage dans les étoiles met de l’ombre sur  cette terre couverte par les capes des ecclésiastiques. L’Idée que le soleil est immuable au centre faisant tourner autour de lui la terre est hérétique.

 

 

7 ans Galilée sans pour autant renier Copernic se tait et ravale ses convictions…jusqu'à ce que arrive un nouveau pape plus libérale qui essaye de dépoussiérer les convictions »savantes » des jésuites. Urbain VIII commande alors a Galilée un livre où celui ce doit procéder à un état des lieux objectifs de la connaissance sur le sujet. Qui de Copernic ou Ptolémée va se mettre en orbite porté par la parole divine ?

 

 

Commandé en 1623 le livre ne sera terminé qu’en 1632 entre temps les ardeurs novatrices et libérales du jeune pape se sont dissoutes dans les méandres de la politique. Accusé de regarder avec bienveillance les protestants français Urbain VIII cède aux catholiques et leur offre un procès resté légendaire : celui de Galilée qui va clamer face a l’éternel : et pourtant elle tourne !

 

 

Son procès commence en avril 1632 en juin il est reconnu coupable .Il se retire en Florence jusqu'à sa mort en janvier 1642.Il ne sera réhabilité qu’en 1757.

 

 

                                                                       Voyageur

 

 

 

 

publié par voyageur31 dans: www.voyageur
Mercredi 15 Février 2006

 

 

IBN ARABI : Sheikh al Akbar ou le maître de l’amour

 

 

L’historiographie lui attribue plus de 400 ouvrages qu’il aurait rédigé de sa main. I l serait donc l’un des penseurs les plus féconds de son  temps  S i certaines de ses productions sont de petits opuscules ; d’autres, par contre sont de volumineux ouvrages de plusieurs milliers de pages ! A l’exemple de ce « Diwan al maarif » un recueil de l’ensemble de ses poèmes qu’il n’a cessé de composer jusqu'à la fin de sa vie.

 

Abu Bakr Mohamed  Ali al Arabi al Hatimi à la fois poète et d’un mysticisme religieux  qu’il a développé au-delà des normes établies en son temps est né en Espagne à Murcie en 1165.

 

Dans l’histoire de la pensée religieuse il est considéré comme une figure majeure du soufisme. Mais ses écrits ont souvent été décriés tant  les idées qu’ils exprimaient étaient suspectés d’hérésie.

 

Pour utiliser une formulation proche des paradigmes judéo-chrétiens  Ibn Arabi considérait que Dieu a crée l’Homme a son image. Un mot résume l’essence, l’origine et la destinée de l’Homme : l’Amour. Un animal social auraient dit d’autres Ibn Arabi estime que l’Homme est Amour. Il est venu à l’existence pour aimer et être aimé. Mais ce sentiment qui relève du  Divin, Dieu dans son infinie sagesse a permis aussi à l’Homme de toucher, de vivre et de pratiquer cet amour autant dans ses manifestations spirituelles que physiques.

 

Ibn Taymia, d’ailleurs sera plus tard et bien après le décès de Ibn Arabi l’un des premiers a s’en prendre à sa philosophie. Dhahabi, un disciple de ce jurisconsulte hanbalite aura ses mots a propos d’Ibn Arabi «  Par DIEU, mieux vaut pour un musulman vivre ignorant derrière ses vaches que de posséder cette gnose et ces connaissances subtiles »

 

Dans la tradition soufi Ibn Arabi est considéré comme le plus grand maître ; il est appelé le Sheikh al akbar , son surnom mohyeddine signifie celui qui insuffle un nouvel essor à la religion.

 

Dans « Hilyatou al Abdal » la parure des Abdal Ibn (écrit a la demande de deux de ses compagnons qui l’ ont prié de rédiger pour eux quelques conseils  au moment où ils accomplissaient une visite pieuse au tombeau du cousin du prohete a Taif )  Ibn Arabi  note que « l’autorité est le fruit de la sagesse et que la science est le fruit de la connaissance celui qui n’a pas de sagesse n’a pas d’autorité,celui qui n’a pas de connaissance n’a pas de science… »

 

Né en Andalousie Sheikh al Akbar meurt à Damas le 8 novembre 1240 à l’age de 78 ans .Fidèle toute sa vie à sa conception philosophique il n’a possédé ni légué aucun bien, hormis une œuvre monumentale, exceptionnelle comme ce commentaire du Coran en 64   volumes disparu aujourd’hui.

 

A propos de ses livres il disait toujours c’est «  un legs pour tous les musulmans d’Orient et d’Occident sur terre et sur mer »

 

Le silence, la solitude, la faim et la méditation…

 

 

Je sus alors que ma parole atteindrait l’Orient et l’Occident.            

 

                                                                                               

La raison qui m’a conduit à proférer de la poésie (shi’r) est que j’ai vu en songe un ange qui m’apportait un morceau de lumière blanche ; on eût dit qu’il provenait du soleil. « Qu’est-ce que cela ? », demandai-je. « C’est la sourate al-sh'u’arâ (Les Poètes) » me fut-il répondu. Je l’avalai et je sentis un cheveu (sha’ra) qui remontait de ma poitrine à ma gorge, puis à ma bouche. C’était un animal avec une tête, une langue, des yeux et des lèvres. Il s’étendit jusqu’à ce que sa tête atteigne les deux horizons, celui d’Orient et celui d’Occident. Puis il se contracta et revint dans ma poitrine ; je sus alors que ma parole atteindrait l’Orient et l’Occident. Quand je revins à moi, je déclamai des vers qui ne procédaient d’aucune réflexion ni d’aucune intellection. Depuis lors cette inspiration n’a jamais cessé.

 

Ibn ‘Arabi, Diwan al Ma’ari

VOYAGEUR 

 

                                                                                              

 

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