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Des femmes et des hommes dans le tourbillon de la vie qui font avec passion l'evenement d'aujourd'hui... l'Histoire de demain. Voyageur vous convie a arpenter ces vastes espaces fécondés par Al Farabi , Ibn Sina ,Al Kindi et d'autres encore...
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Jeudi 29 Juin 2006

L’Islamisation

Contrairement à une idée assez répandue, les grandes vagues de la conquête arabo-musulmane n'ont pas eu pour effet d'imposer uniformément et systématiquement une culture et une croyance aux populations dominées et majoritaires en nombre.

Tout d'abord, en droit Juifs et Chrétiens (Gens du Livre) ne se convertissent que s'ils le souhaitent et pour peu qu'ils reconnaissent l'autorité des souverains musulmans (en s'acquittant d'un impôt) ils se voient accorder leur protection (d'où leur nom de Dhimis : protégés). Mais le Dhimi demeure un "infidèle".

Ensuite, le converti dispose des mêmes droits que le croyant ce qui n'est pas toujours bien vu par les conquérants méfiants face aux excès de religion et soucieux de leurs avantages aristocratiques.

Enfin, à une époque où la paysannerie regroupe 80 à 95% de la population, l'influence arabe demeure limitée sur le costume, l'habitat, le mobilier.

Ce sont d'abord les marchands et les notables qui doublent leurs noms juifs ou chrétiens d'une appellation arabe (ainsi l'évêque Johannès de Cordoue est aussi appelé Asbag Ibn Abdallah) et qui imitent la toilette et la tenue des vainqueurs : les femmes mozarabes (arabisées et chrétiennes de la péninsule ibérique) prennent l'habitude de sortir voilées.

Les influences sont patientes. Elles concernent l'alimentation (le porc est moins consommé), le corps ( le souci de propreté amène les gens aux bains) et quelques chrétiens fortunés ne dédaignent la polygamie.

La mode aussi à ses droits et la jeunesse se met à imiter les gestes et le parler de tel nouveau chanteur arabe, au grand dam des puristes de la tradition arabe.

Cependant, c'est avec réserve que les conquérants constatent les avancées de leur culture sur laquelle ils entendent garder un droit de regard. Les limites de la tolérance des vainqueurs sont fluctuantes en particulier lorsque l'on touche aux choses de la religion. Ainsi des commerçants chrétiens sont punis avec sévérité, pour avoir invoqué le nom du prophète. Toujours en Andalousie, lorsque vers le 12ème siècle, la Reconquistat gagne du terrain, les communautés mozarabes (comme celle de Séville) sont accusées d'intriguer avec les reconquérants. Alors que deux siècles plutôt, nombre d'entre elles avaient fait cause commune avec les musulmans contre leurs coreligionnaires du nord.

Déjà une culture se mondialise mais la ligne de partage passe entre arabisation et Islamisation

Voyageur

 

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Jeudi 29 Juin 2006

" Chiffre " : l'histoire d’un mot

En empruntant aux Indiens leur système de numération et d'écriture de position des nombres (qui facilite grandement les opérations arithmétiques) les Arabes désignèrent le 0 : es-sifr, littéralement, le vide. Le mot fut latinisé en cephirum ; en Italie, il devient zefero puis zéro ; en France, il devient chiffre – pour désigner l'ensemble des caractères numériques – et pour lever l'équivoque on emprunta à l'italien le zéro pour désigner la valeur nulle qui a proprement parler devrait avoir l'exclusivité de s'appeler chiffre.

L'histoire des mathématiques regorge des inventions arabes. Le mot " algorithme " vient du nom du grand mathématicien Al Khwarizmi, qui est le père de l'algèbre et l'auteur du Kitab al Jabr (de jabara, réduire).

C'est aux Arabes encore que l'on doit la désignation des inconnues par la lettre x (Xay en espagnol, déformation de chay : la chose).

Même si elles sont le fait d'érudit, comme le poète O. Khayyam qui fournit la solution des équations du troisième degré, ces recherches mathématiques ont des finalités pratiques et visent à résoudre des problèmes quotidiens (calcul de surface, aménagement urbain…).

L'astronomie est, elle aussi, étudiée à des fins pratiques : la prédiction. Sur la base de l'astrologie persane, de nombreux savants établissent le calcul des longitudes, réforment le calendrier et avant Copernic (qui eut connaissance de leurs travaux) critiquent Ptolémée et construisent un modèle planétaire centré autour du Soleil.

Voyageur

 

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Mercredi 28 Juin 2006

Al Biruni (mort en 1050) reste le modèle du lettré qui s'investit dans la culture arabe et lui apporte une dimension universelle. Originaire de Khwarizm (Caspienne), écrivain en langue arabe et en persan, il témoigne : " J'ai été éduqué dans une langue (celle du Khwarizm) […] Ensuite, je me suis mis à apprendre l'arabe et le persan, et je suis par conséquent un intrus dans ces deux langues, qui s'efforce de s'y perfectionner. Mais j'avoue que je préfère être insulté en arabe qu'être exalté en persan. "

Le jugement est rude, mais il traduit la force d'attraction et de fédération de l'arabe dans un contexte (Bagdad) où pourtant la composante persane est majoritaire.

Le " premier chef-d'œuvre " de la littérature des Arabes résume, par son cheminement, cette époque : Kalila et Dimna est l'adaptation en arabe, par Ibn Al-Muqaffa, de la version persane de fables indiennes.

Le moment est favorable à l'éclosion littéraire. Déjà, les grammairiens fixent les règles d'une langue aussi pure et proche de ses origines que possible et les premiers dictionnaires apparaissent. L'industrie du papier se développe. Les princes sont libéraux et l'aristocratie se veut mécène…

Les genres littéraires fleurissent : celui de l'épître, de la nouvelle (risala), des séances (maqamat, mélanges de fiction et de réalité dont l'action renvoie à un personnage central).

Une nouvelle valeur s'impose : la nécessité de la culture. Les sciences religieuses et profanes se déploient, les controverses sont fréquentes. Dans ce bouillonnement d'idées, les conservateurs et les partisans de la raison, les tenants de la pureté arabe et ceux de l'ouverture à l'étranger, s'accordent à composer un code de maintien.

Ces valeurs distinctives de l'honnête homme, se nomment l'adab.. Jahiz (mort en 868) et Ibn Qutayba (mort en 889) sont les champions de la culture, esprits encyclopédiques, curieux de tout, polémistes et vulgarisateurs qui cultivent la verve et la belle langue.

La poésie s'attache à explorer des thèmes nouveaux. Al Mutanabbi (mort en 965), le courtisan orgueilleux, célèbre les grandes victoires et chante la gloire de ses protecteurs, se retourne parfois contre eux. Al Maari (mort en 1058) exprime tout à la fois, espoir, révolte et amertume du monde. Aveugle à l'âge de 4 ans, il clame le désespoir, cultive le scepticisme à l'égard des religions et de l'humanité.

Abu Nuwas (mort en 815) use de son immense talent et de l'intimité des califes pour se livrer au scandale et à la provocation. Il subvertit la poésie traditionnelle et chante le vin et les amours illicites sans détours, pour les femmes et les hommes, sans contours délimités. .

La littérature se partage, elle se goûte en public, le soir et la nuit. Le peuple pratique, lui aussi, la palabre. Sur les places, les conteurs récitent poésie, gestes.... Le narrateur est maître du texte et de son auditoire : pour maintenir l'attention de son public, il introduit des variantes, ouvre une histoire au sein de l'histoire, interrompt le récit aux moments palpitants.

Les Mille et une nuits sont l'expression même de la littérature populaire et de colportage. Elles sont, avec le Roman d'Antar, les légendes de la mer, les complaintes de Majnun (le fou d'amour) une mémoire itinérante.

L'Espagne arabo-andalouse s'épanouit. Elle crée une page et une poésie originales : Ibn Hazm (mort en 1063) qui fut aussi juriste et théologien invente les codes de l'amour courtois (Tawq al-hamâma : Le collier de la colombe, traduit chez Sindbad sous le titre : Des amours et des amants). Les troubadours seront les continuateurs de cet art de la strophe et du mélange des langues.

Voyageur

 

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Mercredi 28 Juin 2006

L’arabe universel !!!

 

 

 

La langue est un remarquable conservatoire des rencontres de cultures, un musée vivant. Les ports méditerranéens en témoignent tous les instants en maltraitant toutes les frontières linguistiques et, par la transgession de leurs règles, de créer une langue partagée. Ce texte de Sigrid Hunke met en scène les termes et les objets passés des Arabes vers les Occidentaux.

Exemple:

" Permettez-moi de vous inviter à prendre quelque chose dans ce café, chère madame ! Enlevez donc votre jaquette et prenez place sur le sofa au matelas garni d'une étoffe carmin. Le cafetier s'empressera de vous servir une tasse de café avec deux petits morceaux de sucre, à moins que vous ne préfériez une carafe de limonade bien glacée, ou encore un peu d'alcool ! Non ? Mais vous accepterez certainement une tarte aux abricots et aux bananes !

Mais bien sûr, cher ami, vous êtes aujourd'hui mon invité ! Puis-je vous offrir, pour commencer, un sorbet à l'orange ? Je crois que des artichauts feraient une entrée fort agréable. Et que penseriez-vous d'un chapon accompagné de riz et de barquettes aux épinards ? Pour le dessert je ne saurais trop vous recommander ce gâteau à la sauce d'arak. Et pour clore le repas, un moka… Mais, je vous en prie, installez-vous sur le divan.

Pourquoi, certes, ne vous sentiriez-vous pas parfaitement à l'aise, alors que tout ce qui vous entoure comme tout ce que je vous offre se trouve sur la liste des articles depuis longtemps inventoriés qui font partie de notre existence, et cela bien que nous les ayons empruntés à un monde étranger à savoir le monde arabe ? Le café qui vous sert quotidiennement de stimulant, la tasse dans laquelle vous versez ce noir breuvage, le sucre sans lequel vous ne sauriez aujourd'hui imaginer un menu, la limonade et la carafe, la jaquette et le matelas, c'est aux Arabes que nous devons de les connaître. Et ce n'est pas tout ! Dans la presque totalité du monde civilisé, ces articles portent encore leur nom arabe ! De même pour candi, bergamote, orange, quetsche, etc.

Rien d'étonnant, me direz-vous sans doute, à ce que certains fruits originaires des pays chauds (tout comme certains aliments ou boissons) nous viennent de l'Orient ; et pourquoi dans ce cas, ne conserveraient-ils pas leur appellation d'origine ?

Et lorsque vous avouez que, maté par la fatigue, vous vous étendez sur le sofa, le divan, l'ottomane ou dans l'alcôve, vous m'assurez que n'importe quel enfant saurait reconnaître l'origine étrangère de termes aussi extravagants. Mais savez-vous que, sans le vouloir, vous avez employé un autre mot arabe, un terme issu du jeu d'échecs (jeu que les Arabes nous ont appris, l'émissaire d'Haroun al-Rachid l'ayant, dit-on, introduit à la cour de Charlemagne), qu'échec vient de shah (le roi) et que le mot maté que vous avez employé vient de mat qui signifie tout simplement : " Il est mort " ? Alors, vous voyez : échec et mat !

Saviez-vous en outre que les sacs de maroquin que vous voyez dans ce magasin portent encore l'estampille des Arabes ? Quant aux étoffes exposées dans cette vitrine, en dehors des cotonnades, des mousselines, du mohair souple et duveteux, vous pouvez faire votre choix entre le satin élégant, le taffetas distingué, la moire chatoyante et le damas somptueux (de la ville de Damas), qui étalent à vos yeux toute une gamme de nuances depuis le jaune safran jusqu'au lilas en passant par l'orange et le cramoisi. Autant de délicates invites à nous souvenir de ceux auxquels nous devons des étoffes aussi utiles que précieuses sous leurs coloris éclatants, c'est-à-dire aux Arabes.

Savez-vous que lorsque vous entrez dans une pharmacie ou une droguerie, vous y trouvez quantité d' " inventions " arabes. Un simple coup d'œil aux caisses et aux flacons du droguiste suffira à vous en convaincre : vous y verrez de la muscade, du cumin, de l'estragon, du safran, du camphre, de la benzine, de l'alcali, de la soude, du borax, de la saccharine, de l'ambre et bien d'autres drogues arabes dont vous usez quotidiennement. Savez-vous que nous désignons encore sous son nom arabe de laque, le vernis dont nous couvrons nos ongles, que l'aniline, la gaze, le talc et la ouate sont autant de noms arabes ?

Vous ne sauriez donc nier plus longtemps que le grand nombre de noms arabes qui émaillent notre langue désignent des articles d'usage courant dont les arabes nous ont révélé l'existence. Ni que ces articles aient apporté à notre vie quotidienne, jadis insipide, voire un peu sordide, maints agréments délicats qui l'ont littéralement assaisonnée, embellie par la couleur et le parfum, ni que celle-ci leur doive d'être plus saine et plus hygiénique en même temps que plus riche de confort et d'élégance… (Le soleil d'Allah brille sur l'occident. notre héritage arabe. Albin Michel, 1963)

Voyageur

 

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Vendredi 21 Avril 2006

Les arabes et la science
des noms éternels

 

                                  (3ème  partie et fin)

Les mathématiques
Ibn Musa al-Khawarizmi inaugura, au début du IX e  siècle, un renouveau de l'algèbre. La manière est toujours rhétorique; l'algèbre arabe ne comporte pas de symboles, mais, par rapport à celle des Grecs, les algorithmes de calcul - du nom même du savant - se multiplient, notamment pour les extractions de racines carrées et cubiques ainsi que pour les calculs approchés.

 

Les frères Banû Musa, bien connus pour leurs recherches en mécanique, s'attachent à l'étude de la mesure des figures planes et sphériques.
L'astronomie
Hormis quelques dissidents, les Arabes demeurent fidèles au paradigme ptoléméen: Terre immobile; système de sphères; combinaisons de cercles pour expliquer les mouvements des planètes, de la Lune et du Soleil. Toutefois, grâce au bénéfice non d'une meilleure précision mais du temps qui s'est écoulé depuis Ptolémée, ils corrigent certains paramètres de son système, notamment la constante de précession des équinoxes. Ils sont aussi des calculateurs avisés de tables astronomiques et d'habiles constructeurs d'instruments de précision, tel l'astrolabe.

Les sciences physiques
Le terme physique ne doit pas être compris dans son sens moderne. Il correspond ici à un ensemble de disciplines encore assez mal différenciées et portant essentiellement sur des questions de mécanique (statique et hydrostatique) et sur l'optique.  

 

. Ces travaux prolongent en particulier les recherches d'Archimède sur le centre de gravité et d'une façon générale sur les questions de statique.. Les Mécaniques de Héron d'Alexandrie sont traduites par Qusta ibn-Luqûa, et les Banû Musa apportent d'intéressantes contributions à l'élaboration des machines simples ainsi qu'à l'étude des machines hydrauliques.   

 

L'importance et la richesse des travaux dans le domaine de l'optique est tout à fait remarquable. Si le nom d'Ibn Haithem  est bien connu par son œuvre principale, le Kitab al-Manazir, qui a exercé une influence déterminante sur le développement de l'optique jusqu'au XVII e  siècle - une traduction latine de l'ouvrage est donnée en 1672 en l'associant aux écrits de Witelo, qui seront repris plus tard par Kepler -, il importe également de rappeler le nom d'Ibn Sahl (X e  siècle), qui énonce sous la forme d'un rapport géométrique la loi de la réfraction, et celui de Kamal al-din al-Farisi qui, prolongeant les travaux d'Alhazen, donne une très belle théorie de l'arc-en-ciel et des réflexions dans une sphère cristalline.  
 
Les sciences naturelles et médicales
En géologie, science demeurée au stade embryonnaire pendant tout le Moyen Age, les Frères de la pureté (Akhwan el-Safa), auteurs, au X e  siècle, d'une Encyclopédie, ou Avicenne, au XI e  siècle, proposent des hypothèses concernant l'orogenèse, c'est-à-dire la formation des montagnes. D'autre part, seuls les Arabes s'intéressent aux minéraux d'un point de vue scientifique.  

 

En botanique également, ils continuent à étudier les plantes, mais à des fins uniquement pratiques. Même démarche en agronomie: la valeur agricole de certaines régions, surtout d'Espagne, est accrue par des travaux d'irrigation.  

 

Enfin, alors que la médecine occidentale est empreinte de magie et d'astrologie, la médecine arabe garde un caractère expérimental proche de la médecine grecque par les méthodes et les principes (importance de l'observation) ou de la médecine indienne par l'utilisation qu'elle fait de sa pharmacopée.

 

 

Voyageur

 

1.   Au commencement, la traduction…

 

             2.   L’archéologie du savoir

 

                         3.   des noms éternels

 

 

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