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Jeudi 29 Juin 2006

Les arabes et l’héritage grec

 

" Quand on se rend compte de toute l'étendue des domaines que les Arabes embrassèrent dans leurs expérimentations scientifiques, leurs pensées et leurs écrits, on voit que, sans les Arabes, la science et la philosophie européennes ne se seraient pas développées à l'époque comme elles l'ont fait. Les Arabes ne se contentèrent pas de transmettre simplement la pensée grecque. Ils en furent les authentiques continuateurs […] Lorsque vers 1100, les Européens s'intéressèrent à la science et à la philosophie de leurs ennemis sarrasins, ces disciplines avaient atteint leur apogée. Les Européens durent apprendre tout ce qu'on pouvait alors apprendre, avant de pouvoir à leur tour progresser eux-mêmes. " Montgomery Watt.

 

Longtemps, le monde occidental a accordé une importance exagérée, dans le domaine des sciences et des arts, à l'héritage gréco-romain. Au point de sous-estimer, voire d'ignorer sa dette envers les grandes civilisations du Proche-Orient.

 

L'opinion voulait que les Européens chrétiens soient les destinataires naturels de la pensée d'Athènes et de la gloire de Rome. Pendant la "longue nuit du moyen-âge", les Arabes n'auraient été que les gardiens d'un savoir qu'ils se sont accaparé sous formes de traductions.

 

Pendant l'âge d'or de la pensée grecque qui s'étend sur trois siècles (6e-4e s.), les civilisations égyptienne et babylonienne sont encore bien vivantes : les influences et les échanges sont réciproques.

 

De plus, les savants grecs se reconnaissent comme les héritiers des savoirs orientaux.

 

Après l'effondrement des États-cités (338 av. J.-C.), le foyer de la science retourne au Proche-Orient pour y durer pendant la longue période hellénistique (3e s. av. J.-C. - 5e s. après J.-C.). Pendant 800 ans les plus grands savants, dont les œuvres sont ensuite traduites en arabe, parlent grec et sont originaires d'Égypte, de Syrie, de Mésopotamie et de toute l'Asie occidentale.

 

L'extension du christianisme gagnait davantage les Empereurs que les savants. Après la fermeture de l'École d'Athènes par Justinien (529), nombre de ceux-ci trouvèrent refuge auprès du roi de Perse, à Djundishapur, qui devint le point de rencontre des connaissances et des influences grecques, syriaques, persanes, indiennes. D'autres centres savants se formèrent Edesse et surtout à Harra (Haute Mésopotamie), ville sabéenne qui devint dépositaire des enseignements de l'astrologie babylonienne, du néo-pythagorisme, de l'hermétisme.

 

La conquête arabe apportait les éléments d'un nouvel enthousiasme pour le savoir :

 

  • une langue que se forge et qui s'impose comme un instrument de communication internationale ;

     

  • un gouvernement fortement centralisé ;

     

  • une religion qui exalte la connaissance. Le Coran énonce que l'encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs.

     

Le monde occidental manifesta une réserve, voire une hostilité, envers ces savoirs étrangers. Avant, à son tour, de se les approprier et de les enrichir.

 

Aux grandes heures de la civilisation arabe (8e-13e siècle), les spécialisations disciplinaires sont encore incertaines et la soif de connaissances est telle que les savants pratiquent, au gré de leurs curiosités, la médecine et l'astronomie, l'alchimie et l'optique… Tous ne sont pas Arabes de naissance, mais c'est dans la langue de l'élite politique qu'ils expriment leurs découvertes.

 

Les apports des Arabes à la civilisation se retrouvent dans les techniques, l'art, la philosophie... Il y a les inventions scientifiques et les thèses philosophiques mais à côté de ces coups de génie d'autres apports ont été plus discrets. Ils résultent de contacts, d'emprunts irréfléchis, d'une contamination qui ne s'exerce pas dans un seul sens.

Voyageur

 

publié par voyageur31 dans: www.voyageur
Jeudi 29 Juin 2006

Dans le sud de l'Espagne du 10ème au 15ème siècle ,chrétiens, musulmans et juifs cohabitaient sereinement. C'était Al- Andalous, une des périodes les plus fécondes intellectuellement de l'histoire de l'Europe, un  métissage culturel d'une grande richesse. Philosophes, médecins ,peintres, musiciens , astronomes et poètes enrichissaient mutuellement leurs pratiques. De là est née la musique  Arabo-andalouse, au carrefour des musiques arabes, espagnoles et juives séfarades.

 

L'occupation Arabe de l'Espagne pendant 8 siècles laisse un grand héritage culturel. 

 

L'activité intellectuelle est le trait dominant de l'élite al-andalouse. L'homme andalou a un penchant pour la musique, la poésie et les jeux de l'esprit. Il aime se cultiver. L'apparition de la musique arabo-andalouse est liée à l'installation en Espagne  de Ziryab , poète arabe et musicien de grand talent,  qui arriva à la cour de Cordoue en 822. Le peuple gitan  qui se  fixera en Andalousie s'établira dans les années 1440 à Jaén

 

La musique Mudéjare est celle des musiciens musulmans restés en terre chrétienne après la reconquista . Une bonne partie des musiciens du roi Alfonso el Sabio étaient musulmans. Ils n'hésitaient pas , pour cette raison, à traiter certains répertoires comme les Cantiguas de Santa Maria, selon les règles de la musique arabo-andalouse. La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles très strictes, est une musique non-écrite se transmettant oralement de maître à élève. Avant même la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans étaient venus s'installer en Afrique du Nord. La tradition musicale arabo-andalouse s'y est développée , particulièrement dans les villes qui ont accueilli les réfugiés espagnols (Tanger, Tétouan, Fès... )

 

Caractéristiques de la musique Arabo-andalouse :

 

La production arabo-andalouse existe encore sous ses formes anciennes ( avec Abdelkrim Raîs et Massano Tazi au Maroc, Khanadji en Algérie, Bouchnak en Tunisie, ou grâce aux créations contemporaines d'Abed Azrié , audacieuses et solaires. la musique arabo-andalouse  constitue une pénétrante investigation de la quintessence du beau en musique . 

 

La tradition musicale  arabo-andalouse repose sur une forme , la Nouba. Celle-ci   consiste en une suite de pièces vocales et instrumentales d'un même mode, comprenant 9 mouvements. Chaque mouvement peut comporter jusqu'à 40 pièces. A chaque mouvement correspond un rythme particulier. Ces rythmes s'enchaînent soit directement , soi par l'intermédiaire d'un prélude libre ou d'une courte pièce instrumentale. Auparavant, il y avait 24 Noubas: chacune se jouait à une heure précise de la journée. Chaque Nouba reposait sur un thème, adaptée à l'heure où elle devait être jouée.  De nos jours, seules quelques Noubas subsistent en Algérie, Maroc et Tunisie, différentes dans leur expression et leur style dans chacun des trois  pays. Ces chants proviennent de l'immense corpus poétique des Mûwwashaht  et Ajzal. Le mûwwashah est écrit en langue arabe classique. Il consiste en un nombre de strophes qui oscille entre 5 et 7 .  Le  Zedjel , quant à lui, est composé en langue dialectale et sans limite quant au nombre de strophes.

 

La musique Arabo-andalouse marocaine  :

 

Cette musique a ses caractéristiques propres qu'elle a développée au fur et à mesure. Appelée "Al-Ala" ou aussi "Tarab Al-Ala", elle représente la musique classique profane. Amenée au Maroc après la chute  des Arabes en Andalousie, la musique arabo-andalouse s'est implantée surtout à Rabat, Fès, Tétouan et Oujda. La musique arabo-andalouse implantée à Tétouan est nommée" tetouanniya", celle originaire de Fès: " fassiya " , celle développée à Rabat et Oujda est dite" Gharnati ", en hommage à la ville de Grenade qui fut le dernier bastion de la présence Arabe en Andalousie.

 

 Les  principaux instruments de musique :

 

Le 'ûd 

 

Le 'ûd est un luth à manche court, sans frette. On distingue deux sortes de 'ûd: le 'ûd'arbi ( luth arabe ) et le 'ûd sharquî ( luth oriental ) également nommé 'ûd égyptien. Le premier, luth de la musique arabo-andalouse par excellence, est muni de quatre chœurs (cordes doubles ). Son usage tend à se raréfier au profit du second, muni quant à lui de cinq ou 6 chœurs ( cinq cordes doubles et une simple). Le 'ûd se tient posé sur les genoux de l'instrumentiste. Ce dernier tient le manche dans la main gauche et pince les cordes à l'aide d'un plectre dans la main droite. Le 'ûd possède une double fonction d'accompagnement et de soliste, un double rôle harmonique et mélodique.

 

 

 

Le rabâb:

 

 

Le rabâb est un instrument à cordes frottées présent dans tout le monde arabe. Le rabâb marocain est une vièle monoxyle dont la caisse est étroite et bombée. Celle ci peut être en bois de noyer, citronnier, cèdre, acajou, thuya ou encore en abricotier.La tête (ra's), rectangulaire, forme un angle droit avec le corps. Deux grosses chevilles de bois servent à régler la tension des deux cordes faites en boyaux. La table d'harmonie est formée de deux parties : la partie supérieure constituant la touche est en bois léger tandis que la partie inférieure, moins longue, est en peau de chèvre ou en parchemin. Le sillet, taillé dans du bois, de l'ivoire ou encore dans un fémur de bœuf, est arrondi. La partie supérieure de la table est très souvent finement décorée. Le décor végétal prédomine (bois ajouré ou incrustation de nacre, d'ivoire, de métal ou d'os en forme de rosaces, palmettes ou fleurs de lys) mais on peut trouver également une fine lisière de motifs géométriques en marqueterie. La caisse peut aussi être ornée de fleurons ou de petites rosaces. Deux ou trois paires d'ouïes sont généralement situées sur les côtés de la caisse au niveau du manche, une autre paire plus petite se trouvant sur la partie inférieure de l'instrument. L'archet du rabâb est petit, assez lourd, et a la forme d'un arc très marqué. La tige est en fer ou en bois parfois décoré, la mèche en crins de cheval. L'accord s'effectue toujours en quinte et diffère selon le mode et la tessiture du morceau.  Le rabâb, par sa puissance et sa sonorité particulière, est aisément reconnaissable au sein de l'ensemble. Par sa nature de basse, il joue un rôle de soutien presque permanent.

 

Le târ :
Le târ est tambour sur cadre à cymbalettes. Le cercle ou corps de l'instrument, en bois de hêtre, cèdre ou micocoulier, peut être décoré de motifs géométriques. Il est percé généralement de cinq rangées d'ouvertures où se fixent des cymbalettes circulaires en cuivre, laiton ou argent, d'un diamètre de cinq à six centimètres.

L'instrumentiste tient le târ dans la main gauche, entre le pouce et l'index, le pouce étant passé à l'intérieur du cadre. Le majeur et l'annulaire actionnent les cymbalettes, également mises en mouvement par le jeu du poignet. La responsabilité du joueur de târ est capitale ; c'est  lui  qui détermine et maintient le tempo et qui de gére les accélérations .

 

 

Voyageur

 

publié par voyageur31 dans: www.voyageur
Jeudi 29 Juin 2006

L’Islamisation

Contrairement à une idée assez répandue, les grandes vagues de la conquête arabo-musulmane n'ont pas eu pour effet d'imposer uniformément et systématiquement une culture et une croyance aux populations dominées et majoritaires en nombre.

Tout d'abord, en droit Juifs et Chrétiens (Gens du Livre) ne se convertissent que s'ils le souhaitent et pour peu qu'ils reconnaissent l'autorité des souverains musulmans (en s'acquittant d'un impôt) ils se voient accorder leur protection (d'où leur nom de Dhimis : protégés). Mais le Dhimi demeure un "infidèle".

Ensuite, le converti dispose des mêmes droits que le croyant ce qui n'est pas toujours bien vu par les conquérants méfiants face aux excès de religion et soucieux de leurs avantages aristocratiques.

Enfin, à une époque où la paysannerie regroupe 80 à 95% de la population, l'influence arabe demeure limitée sur le costume, l'habitat, le mobilier.

Ce sont d'abord les marchands et les notables qui doublent leurs noms juifs ou chrétiens d'une appellation arabe (ainsi l'évêque Johannès de Cordoue est aussi appelé Asbag Ibn Abdallah) et qui imitent la toilette et la tenue des vainqueurs : les femmes mozarabes (arabisées et chrétiennes de la péninsule ibérique) prennent l'habitude de sortir voilées.

Les influences sont patientes. Elles concernent l'alimentation (le porc est moins consommé), le corps ( le souci de propreté amène les gens aux bains) et quelques chrétiens fortunés ne dédaignent la polygamie.

La mode aussi à ses droits et la jeunesse se met à imiter les gestes et le parler de tel nouveau chanteur arabe, au grand dam des puristes de la tradition arabe.

Cependant, c'est avec réserve que les conquérants constatent les avancées de leur culture sur laquelle ils entendent garder un droit de regard. Les limites de la tolérance des vainqueurs sont fluctuantes en particulier lorsque l'on touche aux choses de la religion. Ainsi des commerçants chrétiens sont punis avec sévérité, pour avoir invoqué le nom du prophète. Toujours en Andalousie, lorsque vers le 12ème siècle, la Reconquistat gagne du terrain, les communautés mozarabes (comme celle de Séville) sont accusées d'intriguer avec les reconquérants. Alors que deux siècles plutôt, nombre d'entre elles avaient fait cause commune avec les musulmans contre leurs coreligionnaires du nord.

Déjà une culture se mondialise mais la ligne de partage passe entre arabisation et Islamisation

Voyageur

 

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Jeudi 29 Juin 2006

" Chiffre " : l'histoire d’un mot

En empruntant aux Indiens leur système de numération et d'écriture de position des nombres (qui facilite grandement les opérations arithmétiques) les Arabes désignèrent le 0 : es-sifr, littéralement, le vide. Le mot fut latinisé en cephirum ; en Italie, il devient zefero puis zéro ; en France, il devient chiffre – pour désigner l'ensemble des caractères numériques – et pour lever l'équivoque on emprunta à l'italien le zéro pour désigner la valeur nulle qui a proprement parler devrait avoir l'exclusivité de s'appeler chiffre.

L'histoire des mathématiques regorge des inventions arabes. Le mot " algorithme " vient du nom du grand mathématicien Al Khwarizmi, qui est le père de l'algèbre et l'auteur du Kitab al Jabr (de jabara, réduire).

C'est aux Arabes encore que l'on doit la désignation des inconnues par la lettre x (Xay en espagnol, déformation de chay : la chose).

Même si elles sont le fait d'érudit, comme le poète O. Khayyam qui fournit la solution des équations du troisième degré, ces recherches mathématiques ont des finalités pratiques et visent à résoudre des problèmes quotidiens (calcul de surface, aménagement urbain…).

L'astronomie est, elle aussi, étudiée à des fins pratiques : la prédiction. Sur la base de l'astrologie persane, de nombreux savants établissent le calcul des longitudes, réforment le calendrier et avant Copernic (qui eut connaissance de leurs travaux) critiquent Ptolémée et construisent un modèle planétaire centré autour du Soleil.

Voyageur

 

publié par voyageur31 dans: www.voyageur

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