IBN SINA : La potion magique de l’occident

Ibn Sina aimait à dire que le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine ; alors le passé est comme s’il n’eut jamais existé. Abou Ali Al Hussein Ibn Abdallah Ibn Sina que l’histoire a immortalisé en tant que médecin est né en 980 à Afshena, une contrée perse. Très jeune il apprend le Coran et s’initie vite au droit musulman.
Il voit le jour un quart de siècle après le décès de celui qui va rester dans l’histoire comme « Le second maître » juste après l’immortel Aristote. Ibn SINA naît dans une époque et une sphère culturelle où les écrits majeurs de la pensée grecque sont déjà disponibles en langue arabe. Un cheminement qui prépare l’occident a les capter juste dans cette phase « obscure » de la fin de l’empire romain, le moyen age s’achemine laborieusement vers
Comme tous les esprits éveillés de son temps il s’intéresse à toutes les sciences, même celles qu’il trouvait ardues et qu’un maître incontesté va lui permettre de mieux pénétrer : Al Farabi (a qui on va réserver prochainement une présentation) sera, en effet, le lien entre lui et Aristote. Une "rencontre" intellectuelle heureuse puisque Ibn Sina reste aussi dans l’histoire comme le plus grand commentateur du philosophe grec. Agé à peine de 20 ans il est déjà rompu aux doctrines et aux théories de son temps : mathématiques, logique ; physique, droit, théologie…
La liste de ses ouvrages dépasse largement les 240 titres rédigés presque exclusivement en langue arabe. Au vu de son influence sur le Moyen-Âge occidental on peut estimer, à juste titre, qu’il a ouvert grâce à ses travaux un chemin royal à la renaissance européenne.
Son œuvre monumentale est sans conteste le canon de la médecine qui du 12e au 16e siècle sera
On dit d’Ibn Sina qui écrivait partout, même à cheval, qu’il pouvait citer de mémoire chaque passage de l’œuvre monumentale d’Aristote. Mais l’œuvre de ce penseur a souvent été en butte au fait du prince. Son traité de philosophie illuminative devait d’ailleurs être détruit de son vivant.
Fin connaisseur de Claude Gallien ce médecin grec de l’antiquité, Ibn Sina s’est beaucoup inspiré de ce « père de la médecine » pour rédiger son Kitab Al Qanum fi Al-Tibb (« Canon de la médecine »), une œuvre encyclopédique consacrée au savoir médical de ce temps là :la physiologie, l'étiologie, la symptomatologie, la diététique, la médecine préventive, la psychothérapie, la thérapeutique l'anatomie, mais aussi une classification des médicaments avec une description de leur propriétés thérapeutiques ainsi qu’une description des maladies localisées du corps, de la tête aux pieds y sont ,entre autre, abordées.
VOYAGEUR

Paracelse, de son vrai nom Philippus Aureolus Theophrastus Bombast von Hohenheim (1493-1541), était un chimiste et médecin suisse. Il va brûler le livre d’Ibn SINA
Claude Galien
« Claude Galien fut sans aucun doute un des fondateurs de la médecine. Il reste avant tout un grand enseignant et écrivain. Il ne laisse pas moins de 500 ouvrages, qu'il a pris la peine de lui-même ordonner dans Sur ses ouvrages (Περὶ τῶν Ἰδίων / Peri tôn idiôn et Sur l'ordre de ses ouvrages (Περὶ τῆς Τάξεως τῶν Ἰδιων Βιβλίων / Peri tês taxeôs tôn idiôn bibliôn). Il s'est efforcé de bâtir une encyclopédie des sciences de son temps, en se plaçant au-dessus des écoles : « Je qualifiais d'esclaves ceux qui se disent hippocratiques ou praxagoréens ou se réclament de quelque autorité, mais je choisissais ce qu'il y avait de bon dans chaque école. »
Il est l'auteur de nombreux travaux sur le système nerveux (notamment le parcours de l'influx nerveux), la myologie, l'hygiène (De l'hygiène) ou encore la diététique (Des propriétés des aliments). Pour lui (comme dans la médecine chinoise), la physiologie humaine repose sur les quatre éléments (air, terre, feu, eau) qui influent sur les quatre humeurs (sang, bile, pituite et atrabile). L'être humain est classé selon quatre tempéraments : les chaleureux et aimables qui sont les sanguins, et les lents apathiques qui sont les flegmatiques. La maladie résulterait du déséquilibre entre tous ces éléments. »
