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Jeudi 29 Juin 2006

Dans le sud de l'Espagne du 10ème au 15ème siècle ,chrétiens, musulmans et juifs cohabitaient sereinement. C'était Al- Andalous, une des périodes les plus fécondes intellectuellement de l'histoire de l'Europe, un  métissage culturel d'une grande richesse. Philosophes, médecins ,peintres, musiciens , astronomes et poètes enrichissaient mutuellement leurs pratiques. De là est née la musique  Arabo-andalouse, au carrefour des musiques arabes, espagnoles et juives séfarades.

 

L'occupation Arabe de l'Espagne pendant 8 siècles laisse un grand héritage culturel. 

 

L'activité intellectuelle est le trait dominant de l'élite al-andalouse. L'homme andalou a un penchant pour la musique, la poésie et les jeux de l'esprit. Il aime se cultiver. L'apparition de la musique arabo-andalouse est liée à l'installation en Espagne  de Ziryab , poète arabe et musicien de grand talent,  qui arriva à la cour de Cordoue en 822. Le peuple gitan  qui se  fixera en Andalousie s'établira dans les années 1440 à Jaén

 

La musique Mudéjare est celle des musiciens musulmans restés en terre chrétienne après la reconquista . Une bonne partie des musiciens du roi Alfonso el Sabio étaient musulmans. Ils n'hésitaient pas , pour cette raison, à traiter certains répertoires comme les Cantiguas de Santa Maria, selon les règles de la musique arabo-andalouse. La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles très strictes, est une musique non-écrite se transmettant oralement de maître à élève. Avant même la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans étaient venus s'installer en Afrique du Nord. La tradition musicale arabo-andalouse s'y est développée , particulièrement dans les villes qui ont accueilli les réfugiés espagnols (Tanger, Tétouan, Fès... )

 

Caractéristiques de la musique Arabo-andalouse :

 

La production arabo-andalouse existe encore sous ses formes anciennes ( avec Abdelkrim Raîs et Massano Tazi au Maroc, Khanadji en Algérie, Bouchnak en Tunisie, ou grâce aux créations contemporaines d'Abed Azrié , audacieuses et solaires. la musique arabo-andalouse  constitue une pénétrante investigation de la quintessence du beau en musique . 

 

La tradition musicale  arabo-andalouse repose sur une forme , la Nouba. Celle-ci   consiste en une suite de pièces vocales et instrumentales d'un même mode, comprenant 9 mouvements. Chaque mouvement peut comporter jusqu'à 40 pièces. A chaque mouvement correspond un rythme particulier. Ces rythmes s'enchaînent soit directement , soi par l'intermédiaire d'un prélude libre ou d'une courte pièce instrumentale. Auparavant, il y avait 24 Noubas: chacune se jouait à une heure précise de la journée. Chaque Nouba reposait sur un thème, adaptée à l'heure où elle devait être jouée.  De nos jours, seules quelques Noubas subsistent en Algérie, Maroc et Tunisie, différentes dans leur expression et leur style dans chacun des trois  pays. Ces chants proviennent de l'immense corpus poétique des Mûwwashaht  et Ajzal. Le mûwwashah est écrit en langue arabe classique. Il consiste en un nombre de strophes qui oscille entre 5 et 7 .  Le  Zedjel , quant à lui, est composé en langue dialectale et sans limite quant au nombre de strophes.

 

La musique Arabo-andalouse marocaine  :

 

Cette musique a ses caractéristiques propres qu'elle a développée au fur et à mesure. Appelée "Al-Ala" ou aussi "Tarab Al-Ala", elle représente la musique classique profane. Amenée au Maroc après la chute  des Arabes en Andalousie, la musique arabo-andalouse s'est implantée surtout à Rabat, Fès, Tétouan et Oujda. La musique arabo-andalouse implantée à Tétouan est nommée" tetouanniya", celle originaire de Fès: " fassiya " , celle développée à Rabat et Oujda est dite" Gharnati ", en hommage à la ville de Grenade qui fut le dernier bastion de la présence Arabe en Andalousie.

 

 Les  principaux instruments de musique :

 

Le 'ûd 

 

Le 'ûd est un luth à manche court, sans frette. On distingue deux sortes de 'ûd: le 'ûd'arbi ( luth arabe ) et le 'ûd sharquî ( luth oriental ) également nommé 'ûd égyptien. Le premier, luth de la musique arabo-andalouse par excellence, est muni de quatre chœurs (cordes doubles ). Son usage tend à se raréfier au profit du second, muni quant à lui de cinq ou 6 chœurs ( cinq cordes doubles et une simple). Le 'ûd se tient posé sur les genoux de l'instrumentiste. Ce dernier tient le manche dans la main gauche et pince les cordes à l'aide d'un plectre dans la main droite. Le 'ûd possède une double fonction d'accompagnement et de soliste, un double rôle harmonique et mélodique.

 

 

 

Le rabâb:

 

 

Le rabâb est un instrument à cordes frottées présent dans tout le monde arabe. Le rabâb marocain est une vièle monoxyle dont la caisse est étroite et bombée. Celle ci peut être en bois de noyer, citronnier, cèdre, acajou, thuya ou encore en abricotier.La tête (ra's), rectangulaire, forme un angle droit avec le corps. Deux grosses chevilles de bois servent à régler la tension des deux cordes faites en boyaux. La table d'harmonie est formée de deux parties : la partie supérieure constituant la touche est en bois léger tandis que la partie inférieure, moins longue, est en peau de chèvre ou en parchemin. Le sillet, taillé dans du bois, de l'ivoire ou encore dans un fémur de bœuf, est arrondi. La partie supérieure de la table est très souvent finement décorée. Le décor végétal prédomine (bois ajouré ou incrustation de nacre, d'ivoire, de métal ou d'os en forme de rosaces, palmettes ou fleurs de lys) mais on peut trouver également une fine lisière de motifs géométriques en marqueterie. La caisse peut aussi être ornée de fleurons ou de petites rosaces. Deux ou trois paires d'ouïes sont généralement situées sur les côtés de la caisse au niveau du manche, une autre paire plus petite se trouvant sur la partie inférieure de l'instrument. L'archet du rabâb est petit, assez lourd, et a la forme d'un arc très marqué. La tige est en fer ou en bois parfois décoré, la mèche en crins de cheval. L'accord s'effectue toujours en quinte et diffère selon le mode et la tessiture du morceau.  Le rabâb, par sa puissance et sa sonorité particulière, est aisément reconnaissable au sein de l'ensemble. Par sa nature de basse, il joue un rôle de soutien presque permanent.

 

Le târ :
Le târ est tambour sur cadre à cymbalettes. Le cercle ou corps de l'instrument, en bois de hêtre, cèdre ou micocoulier, peut être décoré de motifs géométriques. Il est percé généralement de cinq rangées d'ouvertures où se fixent des cymbalettes circulaires en cuivre, laiton ou argent, d'un diamètre de cinq à six centimètres.

L'instrumentiste tient le târ dans la main gauche, entre le pouce et l'index, le pouce étant passé à l'intérieur du cadre. Le majeur et l'annulaire actionnent les cymbalettes, également mises en mouvement par le jeu du poignet. La responsabilité du joueur de târ est capitale ; c'est  lui  qui détermine et maintient le tempo et qui de gére les accélérations .

 

 

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publié par voyageur31 dans: www.voyageur
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