
Dans le sud de l'Espagne du 10ème au 15ème siècle ,chrétiens, musulmans et juifs cohabitaient sereinement. C'était Al- Andalous, une des périodes les plus fécondes intellectuellement de l'histoire de l'Europe, un métissage culturel d'une grande richesse. Philosophes, médecins ,peintres, musiciens , astronomes et poètes enrichissaient mutuellement leurs pratiques. De là est née la musique Arabo-andalouse, au carrefour des musiques arabes, espagnoles et juives séfarades.
L'occupation Arabe de l'Espagne pendant 8 siècles laisse un grand héritage culturel.
L'activité intellectuelle est le trait dominant de l'élite al-andalouse. L'homme andalou a un penchant pour la musique, la poésie et les jeux de l'esprit. Il aime se cultiver. L'apparition de la musique arabo-andalouse est liée à l'installation en Espagne de Ziryab , poète arabe et musicien de grand talent, qui arriva à la cour de Cordoue en 822. Le peuple gitan qui se fixera en Andalousie s'établira dans les années 1440 à Jaén
La musique Mudéjare est celle des musiciens musulmans restés en terre chrétienne après la reconquista . Une bonne partie des musiciens du roi Alfonso el Sabio étaient musulmans. Ils n'hésitaient pas , pour cette raison, à traiter certains répertoires comme les Cantiguas de Santa Maria, selon les règles de la musique arabo-andalouse. La musique arabo-andalouse, bien que reposant sur des règles très strictes, est une musique non-écrite se transmettant oralement de maître à élève. Avant même la chute de Grenade, de nombreux musiciens musulmans étaient venus s'installer en Afrique du Nord. La tradition musicale arabo-andalouse s'y est développée , particulièrement dans les villes qui ont accueilli les réfugiés espagnols (Tanger, Tétouan, Fès... )
Caractéristiques de la musique Arabo-andalouse :
La production arabo-andalouse existe encore sous ses formes anciennes ( avec Abdelkrim Raîs et Massano Tazi au Maroc, Khanadji en Algérie, Bouchnak en Tunisie, ou grâce aux créations contemporaines d'Abed Azrié , audacieuses et solaires. la musique arabo-andalouse constitue une pénétrante investigation de la quintessence du beau en musique .
La tradition musicale arabo-andalouse repose sur une forme ,
La musique Arabo-andalouse marocaine :
Cette musique a ses caractéristiques propres qu'elle a développée au fur et à mesure. Appelée "Al-Ala" ou aussi "Tarab Al-Ala", elle représente la musique classique profane. Amenée au Maroc après la chute des Arabes en Andalousie, la musique arabo-andalouse s'est implantée surtout à Rabat, Fès, Tétouan et Oujda. La musique arabo-andalouse implantée à Tétouan est nommée" tetouanniya", celle originaire de Fès: " fassiya " , celle développée à Rabat et Oujda est dite" Gharnati ", en hommage à la ville de Grenade qui fut le dernier bastion de la présence Arabe en Andalousie.
Les principaux instruments de musique :
Le 'ûd
Le rabâb:
Le rabâb est un instrument à cordes frottées présent dans tout le monde arabe. Le rabâb marocain est une vièle monoxyle dont la caisse est étroite et bombée. Celle ci peut être en bois de noyer, citronnier, cèdre, acajou, thuya ou encore en abricotier.La tête (ra's), rectangulaire, forme un angle droit avec le corps. Deux grosses chevilles de bois servent à régler la tension des deux cordes faites en boyaux. La table d'harmonie est formée de deux parties : la partie supérieure constituant la touche est en bois léger tandis que la partie inférieure, moins longue, est en peau de chèvre ou en parchemin. Le sillet, taillé dans du bois, de l'ivoire ou encore dans un fémur de bœuf, est arrondi. La partie supérieure de la table est très souvent finement décorée. Le décor végétal prédomine (bois ajouré ou incrustation de nacre, d'ivoire, de métal ou d'os en forme de rosaces, palmettes ou fleurs de lys) mais on peut trouver également une fine lisière de motifs géométriques en marqueterie. La caisse peut aussi être ornée de fleurons ou de petites rosaces. Deux ou trois paires d'ouïes sont généralement situées sur les côtés de la caisse au niveau du manche, une autre paire plus petite se trouvant sur la partie inférieure de l'instrument. L'archet du rabâb est petit, assez lourd, et a la forme d'un arc très marqué. La tige est en fer ou en bois parfois décoré, la mèche en crins de cheval. L'accord s'effectue toujours en quinte et diffère selon le mode et la tessiture du morceau. Le rabâb, par sa puissance et sa sonorité particulière, est aisément reconnaissable au sein de l'ensemble. Par sa nature de basse, il joue un rôle de soutien presque permanent.
Le târ :
L'instrumentiste tient le târ dans la main gauche, entre le pouce et l'index, le pouce étant passé à l'intérieur du cadre. Le majeur et l'annulaire actionnent les cymbalettes, également mises en mouvement par le jeu du poignet. La responsabilité du joueur de târ est capitale ; c'est lui qui détermine et maintient le tempo et qui de gére les accélérations .
Voyageur
